Voici une chose que presque personne ne sait sur l'indice de refroidissement éolien de son appli météo. Il a été mesuré sur des gens qui marchaient.
À l'automne 2000, un groupe de travail conjoint américano-canadien s'est attelé à corriger l'ancienne formule de refroidissement éolien, fondée sur la vitesse à laquelle l'eau gelait dans un cylindre de plastique en Antarctique en 1945. Le remplacement a été construit différemment. Douze volontaires, six hommes et six femmes, ont été placés dans une soufflerie réfrigérée avec des capteurs thermiques collés sur les joues, le front, le nez et le menton pour mesurer la perte de chaleur réelle d'un visage humain. Pendant les mesures, ils marchaient sur un tapis à 4,8 km/h.
C'est une allure de marche soutenue. Les études sur l'humain se sont achevées en juin 2001, et le National Weather Service américain et le service météorologique du Canada ont mis le nouvel indice en service pour l'hiver 2001-2002.
Donc le chiffre de refroidissement éolien que tu regardes avant de décider si tu sors n'est pas une mesure générique du froid. C'est un nombre dérivé des visages de gens qui faisaient exactement ce que tu t'apprêtes à faire. Ça en fait l'information la plus utile pour une marche hivernale, et elle mérite d'être bien comprise, parce que la plupart des conseils sur la marche en hiver sautent directement à « habille-toi en couches ».
C'est le refroidissement éolien, pas la température, le chiffre qui compte
Deux journées à la même température peuvent être des marches complètement différentes. À -5 °C sans vent, tu seras à l'aise cinq minutes après le départ. À -5 °C avec un vent de 40 km/h, tu chercheras un porche.
La raison, c'est que ton corps maintient une fine couche d'air réchauffé contre ta peau, et que le vent l'arrache et oblige ton corps à la réchauffer de nouveau, en continu. C'est cette perte de chaleur que mesuraient ces capteurs. La règle pratique pour s'habiller est donc de regarder l'indice de refroidissement éolien et d'ignorer le thermomètre.
Quand la peau exposée gèle vraiment
C'est là que les conseils sur la marche en hiver deviennent vagues. Les tranches de risque publiées sont précises. Voici celles d'Environnement Canada, en valeurs de refroidissement éolien plutôt qu'en température de l'air.
| Refroidissement éolien | Risque pour la peau exposée |
|---|---|
| 0 à -27 | Risque faible pour la plupart des gens. Inconfortable, pas dangereux |
| -28 et en dessous | La peau peut geler en moins de 30 minutes |
| -40 et en dessous | La peau peut geler en moins de 10 minutes |
| -55 et en dessous | La peau peut geler en moins de 2 minutes |
Le National Weather Service américain publie la même chose en Fahrenheit avec un exemple travaillé : 0 °F avec un vent de 15 mph donne un refroidissement éolien de -19 °F, et à cette valeur la peau exposée peut geler en environ 30 minutes.
Lis ces chiffres à côté de la durée de ta marche habituelle. Une boucle de 25 minutes à un refroidissement éolien de -30 est une affaire vraiment différente d'une marche de deux heures dans les mêmes conditions, et la solution n'est en général pas de rester à l'intérieur. C'est de te couvrir le visage et de raccourcir la marche.
Ce que presque tout le monde se trompe
Les gelures exigent que la température réelle de l'air soit sous zéro, pas seulement la valeur de refroidissement éolien. S'il fait +2 °C avec un vent féroce et que ton appli annonce un refroidissement éolien de -6, tu te sentiras misérable, mais ta peau ne peut pas geler. L'eau ne gèle pas au-dessus de 0 °C, et le vent ne peut pas amener ta peau sous la température de l'air qui l'entoure.
La même logique explique l'autre malentendu courant. Le refroidissement éolien ne refroidit pas les objets. Il ne décrit que la façon dont un être humain perd de la chaleur. Ta voiture, ton perron et tes canalisations se moquent du chiffre de refroidissement éolien. Ce qui les concerne, c'est la température réelle.
Rien de tout ça ne rend le refroidissement éolien inutile. Ça en fait exactement ce qu'il annonce : une mesure de la vitesse à laquelle toi tu perdras de la chaleur, calibrée sur des gens qui marchent.
La vraie raison pour laquelle la marche hivernale s'effondre
Ce n'est pas le froid. Des gens marchent à Tromsø et à Winnipeg.
Ce qui brise l'habitude, c'est que la fenêtre de lumière se referme sur la journée de travail. Dans une grande partie de l'Europe et de l'Amérique du Nord, mi-décembre donne un lever de soleil après 8 h et une nuit complète avant 16 h 30, ce qui signifie que la seule lumière du jour est celle que tu passes à l'intérieur et que la marche doit se déplacer plutôt que simplement s'endurer. C'est un problème de planning déguisé en problème météo, et il a une réponse de planning : la pause déjeuner, ou accepter que la marche se fera dans le noir et s'y préparer correctement, où la chose la plus efficace est du matériau réfléchissant sur les chevilles et les poignets plutôt que sur la poitrine.
Si tu marches en partant d'un bureau, la version hivernale du problème est la même que celle couverte dans comment marcher plus avec un travail de bureau, juste avec une échéance plus dure attachée.
La glace est le vrai risque de blessure
Le froid capte l'attention. C'est la glace qui provoque les passages aux urgences, et elle mérite plus d'une ligne.
Trois choses qui aident vraiment :
- De l'adhérence, pas seulement de l'isolation. Des bottes chaudes à semelle lisse sont pires que des bottes froides à crampons profonds. Les crampons à enfiler coûtent peu et surpassent des bottes d'hiver coûteuses sur la neige tassée et le verglas.
- Change délibérément ta façon de marcher. Pas plus courts, pieds un peu plus écartés, genoux légèrement fléchis, poids sur le pied avant plutôt que derrière. Ça paraît ridicule et ça fonctionne. Mains hors des poches, parce que tu ne peux pas te rattraper avec les mains dans ton manteau.
- Considère que chaque plaque sombre est de la glace. Le verglas ressemble à du bitume mouillé. Les endroits risqués sont prévisibles : trottoirs exposés au nord qui ne voient jamais le soleil, bas des pentes, plaques d'égout, marquages au sol, et les deux mètres de part et d'autre d'une porte où l'eau de fonte regèle.
Les ponts et les passerelles gèlent avant les routes, parce que l'air froid les atteint par en dessous autant que par au-dessus.
Marcher dans le froid brûle-t-il plus de calories ?
Un peu, et probablement pas pour toi.
Le mécanisme est réel. Ton corps dépense de l'énergie à maintenir sa température centrale, et frissonner en particulier coûte cher. Mais frissonner est justement le sujet : l'effet est proportionnel au froid que tu prends vraiment, et si tu es assez bien habillé pour marcher confortablement une heure, tu es assez bien habillé pour que ça n'arrive pas. Les études qui trouvent une augmentation notable portent en général sur des gens qui avaient vraiment et désagréablement froid.
C'est donc l'image miroir de la version estivale de ce mythe, que nous avons passée en revue dans marcher par temps chaud. La distance et l'allure font bouger le chiffre. La météo à peine. Tu peux le vérifier toi-même avec le calculateur de calories de la marche.
Habille-toi pour la marche que tu veux faire, pas pour un bonus métabolique qui disparaît dès que tu cesses d'être misérable.
Signaux d'alerte à connaître
Arrête-toi, rentre et réchauffe-toi progressivement si tu remarques l'un de ces signes.
La gelure superficielle, le stade avant les gelures : la peau devient blanche ou gris-jaune, semble froide et étrangement ferme, puis s'engourdit. L'engourdissement est le signal, parce qu'il supprime la douleur qui te dirait autrement d'agir. Doigts, orteils, lobes d'oreilles, nez et joues d'abord.
L'hypothermie débutante : des frissons incontrôlables, des mains maladroites, des trébuchements, une élocution pâteuse et un étrange désintérêt pour tout ça. Ce dernier point est la partie dangereuse, parce que la personne touchée cesse en général de prendre de bonnes décisions avant que quiconque ne le remarque.
Réchauffe lentement. Ne frotte pas une peau gelée superficiellement et n'y applique pas de chaleur directe.
Un autre point qui prend les gens au dépourvu : on transpire en hiver. La sueur sous une couche isolante te refroidit ensuite dès que tu ralentis, ce qui explique le conseil standard de commencer une marche en se sentant très légèrement sous-habillé et de laisser la marche te réchauffer.
La pluie fait la même chose de l'extérieur, et c'est la saison que les gens sous-estiment plutôt que celle-ci : mouillé et exposé au vent à 8 °C te refroidira plus vite qu'une journée sèche et calme bien sous zéro, parce que l'hypothermie n'a pas de point de congélation derrière lequel se cacher comme en ont les gelures. Cet argument est développé correctement dans marcher sous la pluie.
Garder l'habitude pendant les mois froids
Le problème honnête de l'hiver, c'est qu'une marche doit valoir la peine quand la version facile est de ne pas sortir. Trois choses qui tiennent :
- Raccourcis l'unité. L'hiver est la mauvaise saison pour un objectif qui exige 90 minutes et du beau temps. Quinze minutes un mauvais jour battent zéro, et ça garde l'habitude en vie pour la reconstruire en mars.
- Utilise exprès les grands axes éclairés. En été, ça paraît être l'itinéraire ennuyeux. En décembre, c'est le seul raisonnable, et ça signifie que tout un ensemble de rues que tu sautes normalement devient le choix évident.
- Fais en sorte que la marche plus courte compte quand même. C'est la partie qu'un objectif de pas gère mal, parce que 3 000 pas ressemblent à un échec face à un objectif de 10 000. Une carte gère mieux ça : trois rues que tu n'as jamais parcourues font trois rues, par n'importe quel temps, à n'importe quelle longueur.
Ce dernier point est la raison honnête pour laquelle une carte à brouillard de guerre convient inhabituellement bien à l'hiver. Ta carte démarre sombre et seule la marche la dégage, donc un détour de quinze minutes dans une rue inconnue est une progression visible et permanente plutôt qu'un chiffre manqué. Ça reformule la question hivernale de « en ai-je fait assez aujourd'hui ? » à « quel morceau ensuite ? », ce qui est une question bien plus facile à trancher dans le noir en janvier.
Ta liste de marche hivernale
- Regarde le refroidissement éolien, pas la température.
- Si le refroidissement éolien est à -28 ou en dessous, couvre-toi le visage et prévois une boucle plus courte.
- De l'adhérence sur tes bottes, ou des crampons à enfiler.
- Du réfléchissant sur les chevilles et les poignets, pas seulement un panneau sur la poitrine.
- Des couches que tu peux ouvrir, en partant légèrement sous-habillé.
- Des moufles plutôt que des gants quand il fait vraiment froid. Les doigts se tiennent chaud mutuellement.
- Un bonnet, parce qu'une tête nue est une grande surface non isolée.
- Mains hors des poches sur la glace.
- Dis à quelqu'un ton itinéraire s'il fait sombre et froid et que tu pars seul.
- Raccourcis la marche plutôt que de l'annuler.
Pour résumer
La marche hivernale a la réputation d'exiger du cran. Elle exige surtout de lire correctement un chiffre et de posséder des bottes qui accrochent.
La valeur de refroidissement éolien te dit à quelle vitesse tu perdras de la chaleur, elle a été mesurée sur des gens qui marchaient à ton allure, et en dessous de -28 elle vient avec un chronomètre attaché. Au-dessus de zéro, elle ne peut pas abîmer ta peau, aussi désagréable que ce soit. C'est la glace, pas le froid, qui te blessera vraiment. Et l'habitude survit à la saison en devenant plus petite plutôt que plus dure.
Les rues sont toujours là en février. Il y a simplement moins de monde dessus, ce qui est en soi un argument pour y aller.
